France : la langouste sauvée in extremis de la cuisine

Stéphane Lamart a empêché un restaurant de faire passer une langouste à la casserole. Menée au nom de la cause animale, l’opération lui aura tout de même coûté 300 euros.

« Elle n’avait qu’une envie : repartir dans son milieu naturel. » C’est avec une certaine satisfaction que Stéphane Lamart évoque sa dernière action en faveur d’une… langouste, menée dimanche 16 août 2026 dans un restaurant de Roquebrune-Cap-Martin, dans les Alpes-Maritimes.

Alors qu’il se trouvait sur place pour fêter l’anniversaire d’une amie, cet homme, par ailleurs fondateur d’une association de défense des animaux, a eu la surprise de découvrir, parmi la pêche du jour qu’une serveuse lui présentait au moment de choisir son plat, une langouste bien vivante.

« Je l’ai vue bouger ses antennes et j’ai immédiatement pété un câble. J’ai demandé comment il était possible de proposer cet animal vivant aux clients avant de le tuer », raconte-t-il dans les colonnes de Nice-Matin.

Un sauvetage à 300 euros

« J’ai demandé à la restauratrice combien elle en voulait et elle m’a répondu que la bête coûtait 300 euros le kilo. On m’a proposé de lui masquer les yeux, mais j’ai rétorqué que c’était trop tard et que je voulais la racheter », poursuit Stéphane, qui dit avoir insisté à trois reprises.

Il s’agissait pour lui de « changer le destin de cette langouste », peu importe le prix à payer. « Tant pis, je me suis privé sur des vacances, sur certaines sorties. J’ai préféré débourser cette somme pour libérer cet animal, tout simplement », confie à BFMTV celui qui, il y a quelques semaines, annonçait son intention d’attaquer en justice la SNCF à la suite de la mort d’un chat, écrasé par un TGV à la gare de Lyon.

Stéphane a donc décidé de relâcher le crustacé dans la mer. « Sa queue s’est agitée à l’approche de l’eau. Ce sont des animaux extrêmement sensibles », affirme ce client, dont le geste n’a pas laissé l’établissement indifférent.

Un geste de sensibilisation

Par cette initiative, Stéphane Lamart entend alerter sur les méthodes d’abattage des crustacés, souvent ébouillantés vivants ou coupés en deux. En effet, seuls les animaux des établissements d’abattage doivent obligatoirement être étourdis avant leur mise à mort en France.

Il lance un appel aux députés afin qu’ils prennent conscience que « ces animaux sont des adultes ». « J’ai sensibilisé le personnel, qui m’a dit que j’étais la deuxième personne à formuler une telle demande à la vue du crustacé. Il faut dire que les gens préfèrent détourner le regard plutôt que de voir l’être vivant qui va être mis à mort pour être mangé », indique-t-il.

Au-delà de leur abattage pour les besoins de la restauration, ces crustacés subissent également la pression de la pêche intensive. En 2024, Stéphane avait déjà remis en liberté plusieurs d’entre eux, achetés vivants dans un restaurant de Menton.

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