La start-up californienne mise sur l’hydrogène afin de rendre la combustion des moteurs de navires moins dépendante des carburants classiques, particulièrement polluants.
Et si l’hydrogène était l’une des clés de la décarbonation du transport maritime ? L’idée n’est pas nouvelle. Car ce gaz, réputé pour sa légèreté, équipe déjà certains véhicules terrestres, notamment quelques modèles de Toyota.
Mais le projet porté par Newlight, une start-up basée dans la baie de San Francisco, se veut innovant par son exécution savamment calibrée. Concrètement, le système d’injection se déclenche en complément du fioul classique, à un moment précis.
De quoi aider le mélange à mieux, et plus complètement, se consumer dans le cylindre. Si le moteur ne gagne pas en vitesse, contrairement à l’introduction de nitro si chère à Vin Diesel dans l’univers de Fast & Furious — l’analogie provient d’Evyatar Cohen, cofondateur de l’entreprise —, il réduit toutefois sensiblement son besoin en diesel.
La baisse de carburant brûlé par le moteur dans ces conditions, ainsi que la réduction des émissions de dioxyde de carbone qui en découle, est estimée à plus de 20% par la société, selon TechCrunch.
Un essai déjà concluant
« Au lieu de gagner de la puissance, nous disons en fait au moteur : “Hé, réduis le [débit de] carburant vers le moteur, nous n’en avons pas autant besoin parce que nous avons un peu de nitrous. Sauf que cela s’appelle de l’hydrogène” », explique Evyatar Cohen, interrogé par TechCrunch.
Le système est d’autant plus remarquable que son installation peut être réalisée en deux semaines. Il n’est donc pas nécessaire d’immobiliser le navire concerné pendant des mois. Dans le cadre d’un test mené en conditions réelles sur un trajet Singapour-Ghana, à bord d’un cargo long de 198 mètres, l’économie de carburant a atteint 24%.
À cela s’ajoute une réduction de 28% des émissions de CO₂. Sur d’autres navires, l’entreprise annonce jusqu’à 500 000 dollars d’économies annuelles. « C’était incroyable. Être à bord et voir le système fonctionner dans des conditions réelles représentait une expérience totalement différente de tout ce que nous avions pu faire en laboratoire », décrit Haran Cohen Hillel, cofondateur de Newlight et directeur général de la société.
Des ambitions au-delà du fret
« Nous avons passé beaucoup de temps à surveiller le système, le comportement du moteur et les performances. Ce qui nous a le plus impressionnés, c’est la fluidité avec laquelle tout a fonctionné. Voir le système s’intégrer au navire, fonctionner de manière fiable et produire les résultats que nous recherchions était une étape majeure pour nous et pour toute l’équipe de Newlight », a-t-il ajouté.
Dans un secteur du transport maritime qui, à lui seul, contribue à environ 3% des émissions mondiales de gaz à effet de serre, un tel dispositif pourrait changer la donne. Pour les responsables de Newlight, qui viennent de lever neuf milliards de dollars, l’ambition dépasse toutefois le seul fret.
« Nous examinons donc toute la situation énergétique qui se dessine à travers le monde, dans les transports, les centres de données, et nous avons même certains investisseurs qui possèdent des trains », affirme Hillel, toujours auprès de TechCrunch.
