L’administration Trump bouleverse cinquante ans de politique nutritionnelle fédérale en plaçant les protéines au sommet de ses nouvelles directives diététiques.
Pour le secrétaire à la Santé Robert F. Kennedy Jr. (RFK Jr), les Américains doivent « manger de la vraie nourriture », en privilégiant notamment les protéines, les produits laitiers et la viande rouge, entre autres. Cette injonction constitue l’axe central des nouvelles recommandations alimentaires fédérales.
Présentées mercredi 7 janvier dernier, ces directives révisées tous les cinq ans et décrites par la Maison Blanche comme « la plus importante réinitialisation de la politique nutritionnelle de l’histoire » des États-Unis, rompent avec plusieurs décennies de consensus diététique.
Là où les céréales et autres glucides occupaient jusqu’ici la base de la pyramide alimentaire, avec des préconisations de 6 à 11 portions par jour, les apports protéiques se voient désormais placés au premier plan.
RFK Jr insiste aussi sur la nécessité de diminuer fortement la consommation de produits ultra-transformés et d’aliments riches en sucres ajoutés, marquant une inflexion nette par rapport aux habitudes façonnées par l’industrie agroalimentaire américaine ces dernières années.
RFK Jr. fustige des « mensonges gouvernementaux »
Les anciennes recommandations sur l’alcool, qui suggéraient jusqu’à deux verres par jour pour les hommes et un pour les femmes, ont été abandonnées. Elles laissent place à un message plus général invitant simplement à boire moins d’alcool afin de protéger la santé globale.
« Pendant des décennies, les Américains sont devenus de plus en plus malades tandis que les coûts des soins de santé explosaient. La vérité, c’est que notre gouvernement a trompé la population pour préserver les profits des grandes entreprises, en prétendant que ces pseudo-aliments étaient bénéfiques pour la santé publique. Aujourd’hui, les mensonges cessent », a-t-il dénoncé, accusant l’influence des lobbies agroalimentaires et des grandes corporations d’avoir pesé sur les choix en matière de nutrition.
Les nouvelles recommandations ont suscité des réactions contrastées au sein de la communauté médicale et scientifique américaine. L’Association médicale américaine (AMA) a salué la démarche, estimant que ces orientations confirment que « l’alimentation est un médicament » et offrent un cadre clair dont patients et médecins peuvent se saisir pour améliorer la santé.
Soutiens prudents et critiques frontales
« Nous sommes préoccupés par le fait que les nouvelles consignes sur le sel, les assaisonnements et la viande rouge risquent, malgré tout, d’inciter certains consommateurs à dépasser les seuils recommandés en sodium et en graisses saturées, principaux déterminants des maladies cardiovasculaires », a mis en garde l’Association américaine de cardiologie.
Ce nouveau guide intervient dans un contexte de crise sanitaire majeure aux États-Unis, où les taux d’obésité, de diabète de type 2 et d’affections cardiovasculaires atteignent des sommets.
Les dépenses de santé liées à ces pathologies pèsent lourdement sur l’économie et le système de soins américains, déjà sous tension. Reste à savoir si cette refonte de la politique nutritionnelle permettra réellement d’inverser ces tendances jugées particulièrement préoccupantes.
