Régulièrement pointés du doigt pour leurs effets sur le poids et le cœur, les plats industriels seraient aussi néfastes pour le cerveau, selon une nouvelle étude.
Ils sont omniprésents et se déclinent sous de multiples formes, des snacks emballés aux plats préparés, en passant par d’autres produits industriels prêts à consommer en quelques minutes. Ces aliments ultra-transformés, devenus incontournables dans les habitudes alimentaires modernes en raison de leur praticité et de leur faible coût, pourraient avoir des effets délétères sur la santé cérébrale.
C’est ce que suggère une étude publiée le 3 juin dans l’American Journal of Public Health. Elle indique que les individus déclarant une consommation élevée de ces produits présentaient un risque de démence supérieur de 58% par rapport aux autres participants.
L’analyse portait sur plus de 5 300 adultes américains âgés de 50 ans et plus, suivis pendant près de neuf ans. Le risque de déclin cognitif, moins sévère, mais tout aussi préoccupant, augmentait de 46% dans ce même groupe.
Un mécanisme proche de l’addiction
Selon la Dre Celine Gounder, correspondante médicale et rédactrice en chef santé publique pour KFF Health News, interrogée par CBS News, il s’agit d’une étude observationnelle — sans randomisation — qui ne permet pas d’établir un lien de causalité formel.
Elle rappelle toutefois que ces produits favorisent l’obésité, le diabète de type 2 et les maladies cardiovasculaires, autant de facteurs déjà associés à un risque accru de démence. Contrairement aux aliments bruts, ils sont assimilés différemment par l’organisme, avec une absorption plus rapide des calories.
L’experte illustre ce phénomène en comparant la consommation d’une orange entière, riche en fibres, à celle d’un jus filtré : dans le premier cas, le sucre est libéré progressivement, tandis que dans le second, il est absorbé beaucoup plus rapidement.
Pas de seuil clairement sans risque
Cet afflux rapide de glucose solliciterait des circuits cérébraux similaires à ceux impliqués dans les mécanismes d’addiction. Par ailleurs, certains additifs présents dans ces produits pourraient favoriser une inflammation intestinale, également identifiée comme un facteur de risque de démence. Le pire, c’est que l’étude souligne que même une consommation modérée était associée à une augmentation du risque.
« Se dire simplement : “je ne tire pas toutes mes calories des aliments ultra-transformés, je suis en sécurité”, n’est pas suffisant. Cela montre qu’il pourrait ne pas exister de niveau sans risque », a déclaré Cindy W. Leung, professeure associée de nutrition en santé publique à Harvard T.H. Chan et coautrice de l’étude, interrogée par le Wall Street Journal.
Ces résultats interviennent alors que les autorités américaines intensifient, sous l’impulsion de l’administration Trump, leur lutte contre ces produits, qui représentent aujourd’hui environ 60% de l’alimentation moyenne aux États-Unis.
