L’éclatement de la compétition dans trois pays cette année offre aux millions de visiteurs attendus l’occasion d’apprécier de nombreuses spécialités culinaires à l’honneur.
À l’heure où le compte à rebours du Mondial 2026 s’accélère, les villes hôtes réparties entre le Mexique, le Canada et les États-Unis misent sur leur patrimoine gastronomique pour marquer durablement les esprits des millions de supporters attendus cet été.
Même si la répression migratoire relancée par l’administration Trump aux États-Unis a refroidi bon nombre de fans potentiels, les quartiers populaires de Mexico City s’animent déjà à l’idée d’accueillir des touristes venus du monde entier.
Interrogée par Reuters, Carolina Gonzalez, tortillera chez Khalifa de Leon, ne cache pas son optimisme. La capitale mexicaine est d’ailleurs unanimement considérée comme l’une des destinations gastronomiques majeures du tournoi, avec une offre culinaire foisonnante.
Dans le pays, le taco s’impose comme l’un des plats emblématiques, déclinable à l’infini et consommable de multiples façons : debout, avec les mains, en ajoutant sauce et citron selon ses préférences.
Philadelphie, Toronto : l’art de recevoir autour du plat local
À Philadelphie, ville hôte américaine au riche passé historique, c’est le cheesesteak qui joue les ambassadeurs. Ce sandwich généreux de bœuf émincé gratiné au fromage fondu, servi dans un pain hoagie, est depuis des décennies un marqueur identitaire dont les habitants sont fiers.
Chez Geno’s Steaks, institution locale, le cuisinier Anthony Rossi prend le temps d’initier les futurs visiteurs au rituel de la commande : choix du fromage (American ou Whiz), puis « with » pour les oignons ou « without » pour s’en passer.
Maîtriser cette formule, c’est déjà, aux yeux des locaux, témoigner d’un minimum de respect pour la culture du coin. Au Canada, Toronto porte haut les couleurs de la poutine, plat réconfortant venu du Québec composé de frites dorées, nappées de sauce brune et parsemées de fromage en grains encore fondant.
« Tout le monde qui va au Québec ou au Canada dit qu’il faut goûter la poutine. Ce n’est pas le meilleur plat, mais la poutine vient du Canada. Il faut la goûter », confie à Reuters Lisa Denis, une touriste française.
La gastronomie comme facteur d’union
Au‑delà de ces trois villes phares, les seize sites du tournoi proposent chacun leurs spécialités régionales, de Toronto à Guadalajara. Miami promet ses sandwichs cubains, Kansas City son barbecue fumé à l’histoire centenaire.
« Nous avons adoré venir ici et amener des visiteurs de l’extérieur pour leur faire découvrir un peu de Kansas City », explique Camilla Thomas, cliente chez Joe’s BBQ, un stand réputé.
Dallas met en avant ses briskets de bœuf texan, tandis que Guadalajara, berceau du mariachi et de la culture tequila, offre une expérience mexicaine plus traditionnelle que celle des grandes métropoles du pays.
Partout, la cuisine locale fait office de deuxième tribune. Un lieu où les cultures se rencontrent, où les identités s’affirment, et où le football, pour une fois, accepte volontiers de s’effacer au profit de la table.
