Le géant américain de l’agroalimentaire mène depuis plusieurs jours une campagne de communication pour tenter de désamorcer la polémique née des critiques émises à l’encontre de ses produits par l’un de ses ex-responsables.
« La viande de poulet dans nos soupes provient de fournisseurs américains de longue date et approuvés par l’USDA, et répond à nos normes de qualité élevées. Toutes nos soupes sont faites avec de la viande de poulet sans jamais d’antibiotiques. Toute affirmation contraire est complètement fausse« .
Le 26 novembre dernier, Campbell’s a dû monter au créneau pour contrer une campagne de dénigrement virale. L’entreprise américaine, célèbre pour sa soupe condensée à l’étiquette rouge et blanche, fait en effet face à des accusations de commercialisation de produits impropres à la consommation.
À l’origine de la tempête médiatique, la diffusion d’un enregistrement audio dans lequel un haut responsable tient des propos particulièrement critiques à l’égard des produits Campbell’s et de sa clientèle.
« Qui achète notre nourriture ? Moi-même, je n’en consomme presque plus. Ce n’est pas sain, maintenant que je sais ce qu’elle contient », déclare une voix présentée comme celle de Martin Bailey, vice-président des technologies de l’information du groupe, évoquant la présence de viande bio‑ingéniérée dans certains produits.
Bataille judiciaire au cœur de la polémique
« Je ne veux pas manger un morceau de poulet sorti d’une imprimante 3D », poursuit ce cadre, qui dans le même échange, se laisse aller à des propos rabaissants envers des collègues indiens, qualifiés « d’idiots ».
« Les commentaires étaient vulgaires, offensants et faux, et nous nous excusons pour la douleur qu’ils ont causée. Ce comportement ne reflète pas nos valeurs et la culture de notre entreprise », a poursuivi la société dans son communiqué, annonçant par ailleurs que le cadre incriminé n’est plus employé par l’entreprise depuis le 25 novembre.
La controverse semble pourtant loin d’être close. Pour cause, l’audio à l’origine de la fuite s’inscrit dans le cadre d’une plainte déposée par Robert Garza, ancien employé de l’usine du Michigan, qui accuse Martin Bailey de racisme et l’entreprise de l’avoir licencié abusivement.
L’éternel débat sur la transformation alimentaire
Ce dernier accuse Martin Bailey d’avoir tenu des propos racistes à son encontre et poursuit l’entreprise pour licenciement abusif. Au‑delà du scandale personnel, cette affaire ravive la discussion sur les aliments ultra‑transformés et leurs effets sur la santé publique.
Les mentions de « viande bio‑ingéniérée » et de « poulet imprimé en 3D » font écho à des inquiétudes croissantes des consommateurs face aux procédés industriels. Cette affaire intervient dans un contexte où l’administration Trump, par son initiative MAHA (Make America Healthy Again), multiplie les mesures visant à améliorer la qualité de l’alimentation.
La période est d’autant plus délicate que l’affaire éclate juste avant Thanksgiving, moment crucial pour les ventes de produits Campbell’s, notamment la fameuse crème de champignons utilisée dans de nombreuses recettes traditionnelles.
