France : comprendre l’interdiction des produits alimentaires au CBD

Tolérés sans être légaux pendant des années, les produits alimentaires contenant du cannabidiol vont disparaître des rayons français à partir du 15 mai. Explications !

C’est la fin d’un flou juridique qui a favorisé l’essor de nombreuses activités. Dès le 15 mai, les produits contenant du cannabidiol (CBD), une molécule issue du chanvre industriel, sont censés être retirés de la vente sur l’ensemble du territoire français.

La décision, notifiée officiellement aux organisations professionnelles il y a un mois par la Direction générale de l’alimentation (DGAL), s’appuie sur le règlement européen « Novel Food » (UE 2015/2283). Adopté en 2015 et entré en vigueur trois ans plus tard, ce texte fixe un cadre harmonisé pour la commercialisation des « nouveaux aliments » au sein de l’Union européenne.

Cette notion désigne tout produit alimentaire qui n’a pas été consommé de manière significative dans l’UE avant le 15 mai 1997. Or, si les modalités d’autorisation des « Novel Food » sont bien définies par l’Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA), les denrées contenant du CBD n’ont, à ce jour, jamais obtenu de validation.

Des effets bénéfiques non établis scientifiquement

Ils sont pourtant omniprésents dans les commerces et sur les marchés, portés notamment par la légalisation du CBD à fumer depuis 2021. On les retrouve ainsi sous forme de gummies, confiseries, pâtisseries, huiles ou encore infusions, souvent associés à des promesses d’effets apaisants.

Interrogée par M6 dans une boutique spécialisée à Paris, une cliente, Lola, évoque les effets des bonbons. « C’est juste de la détente, un peu comme une infusion« , explique-t-elle. Mais contrairement à ces affirmations et aux promesses marketing, la communauté scientifique reste très prudente sur les bienfaits allégués.

Les spécialistes estiment en effet qu’il manque d’essais cliniques d’ampleur et de rigueur suffisante pour affirmer que le CBD a des effets thérapeutiques avérés sur la douleur, le stress, l’anxiété ou les problèmes de sommeil. Les retours positifs relèvent essentiellement d’expériences individuelles. De plus, les effets varient fortement selon les personnes. Certains n’observent aucun changement, tandis que d’autres rapportent une amélioration subjective de leur bien-être.

Un marché peu encadré aux risques sanitaires réels

La seule utilisation médicale reconnue concerne un traitement très spécifique contre certaines formes d’épilepsie, délivré uniquement sur prescription stricte. Le durcissement des contrôles annoncé par les autorités françaises répond ainsi à des inquiétudes croissantes en matière de santé publique.

Ces préoccupations tiennent notamment à l’attrait de ces produits pour des publics sensibles, en particulier les plus jeunes. Autre enjeu : le mode de consommation. Contrairement au CBD inhalé, dont les effets sont rapides, les produits ingérés agissent avec un délai parfois long, pouvant atteindre plusieurs heures après absorption.

Ce décalage peut inciter à multiplier les prises et, in fine, entraîner des surdosages potentiellement dangereux. Par ailleurs, une étude relayée par RMC Conso indique que huit produits sur dix ne correspondent pas exactement aux indications figurant sur leur étiquetage. Certains dépassent notamment le seuil légal de 0,3% de THC, exposant les consommateurs à des effets psychotropes indésirables.

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