UE : Paul McCartney s’invite dans la bataille des étiquettes végétales

La légende des Beatles rejoint un mouvement de protestation contre l’interdiction européenne des termes « burger » et « saucisse » pour les alternatives végétales.

L’Union européenne (UE) devrait s’abstenir d’interdire l’emploi de termes comme « saucisse » ou « burger » pour désigner les denrées à base de plantes, estiment huit parlementaires britanniques et Paul McCartney. La star des Beatles, au nom de sa famille, a co‑signé une lettre ouverte adressée à Bruxelles pour dénoncer cette mesure.

« Nous vous exhortons à ne pas adopter ces restrictions, car nous sommes profondément préoccupés par l’impact mondial important qu’elles pourraient avoir », écrivent les auteurs dans le document publié le 5 décembre dernier.

Adopté le 8 octobre par le Parlement européen, l’amendement entend proscrire l’utilisation d’appellations historiquement liées à la viande – comme steak, saucisse, hamburger ou escalope – pour qualifier des produits d’origine non animale, y compris les substituts végétaux.

« Un steak, une escalope ou une saucisse proviennent de nos élevages. Point. Pas d’ersatz de laboratoire, pas de produit végétal », déclarait à la veille du vote l’eurodéputée française Céline Imart (Parti populaire européen, PPE), à l’origine du texte.

Une initiative jugée trompeuse

Les défenseurs de l’interdiction, soutenus par les filières françaises de l’élevage et de la viande, redoutent la progression du marché végétal. Selon eux, des expressions comme « saucisse végétarienne » risquent d’induire les consommateurs en erreur et de brouiller la distinction entre produits traditionnels et nouveaux aliments.

Mais pour McCartney et les élus britanniques, cette démarche va à l’encontre des ambitions climatiques et économiques de l’Union et répond davantage aux pressions du secteur de l’élevage qu’à un véritable souci de clarté pour le public.

« Les faits sont indiscutables : la réglementation actuelle protège déjà le consommateur ; celui‑ci comprend et approuve largement les dénominations existantes ; et toute nouvelle restriction nuirait à la croissance, aux objectifs de durabilité et à l’agenda de simplification de l’UE », rétorquent la famille McCartney et les députés signataires.

Un engagement de longue date pour le végétarisme

Pour Paul McCartney, cette prise de position prolonge un engagement ancien en faveur du végétarisme. Comme le rappelle Le Monde, le musicien a cessé de consommer de la viande dès les années 1970, faisant de ce choix un pilier de sa vie personnelle et publique.

Son épouse, Linda McCartney, décédée d’un cancer du sein en 1998, était une militante végétarienne passionnée qui avait lancé en 1991 sa propre gamme d’alternatives à la viande, devenue rapidement un succès commercial.

Plus de vingt-cinq ans après sa création, cette marque demeure l’une des références du secteur des produits végétariens au Royaume-Uni et en Europe. Le nouvel amendement, qui est toutefois loin de rallier tous les États membres, doit encore être validé en trilogue par le Conseil et la Commission européenne.

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