Une étude alarmante établit un lien direct entre la consommation quotidienne de produits hautement transformés et une hausse conséquente du risque de maladies cardiovasculaires.
Dans les rayons des grandes surfaces, les distributeurs automatiques ou les placards de cuisine… Avec l’essor de l’industrie agroalimentaire, les produits dits ultra-transformés se sont imposés partout dans notre quotidien, portés entre autres par la promesse de commodité et de bas coût.
Malheureusement, cette omniprésence s’accompagne de risques considérables pour la santé. D’après une étude parue le 17 mars dans JACC: Advances, revue du Collège américain de cardiologie, leur consommation fréquente serait associée à une hausse de 67% du risque d’AVC et de décès liés à une pathologie cardiaque.
Pour mesurer l’ampleur du problème, il faut d’abord comprendre ce que recouvre la notion d’aliments ultra-transformés (AUT). Selon la classification des chercheurs en nutrition citée par le Wall Street Journal (WSJ), ces préparations industrielles renferment des ingrédients qu’aucun cuisinier amateur n’utiliserait à domicile.
Là où une boîte de haricots en conserve reste proche de sa forme naturelle, des céréales sucrées, un soda ou un sachet de chips passent par de multiples étapes de fabrication, mêlant additifs, colorants, exhausteurs de goût et arômes artificiels.
Un poison lent
Au final, le résultat n’a plus grand-chose à voir avec l’aliment d’origine, et ses effets sur l’organisme se révèlent, selon les chercheurs, profondément nocifs.
L’étude s’est appuyée sur l’analyse d’habitudes alimentaires recueillies via des questionnaires détaillés, tout en neutralisant d’autres facteurs de risque connus, dont le tabagisme, l’activité physique, l’apport calorique, la tension artérielle et le taux de cholestérol. Elle a porté sur une cohorte de plus de 6 800 adultes âgés de 45 à 84 ans, tous initialement exempts de maladies cardiovasculaires.
Les résultats montrent que chaque portion quotidienne supplémentaire d’AUT accroît de 5,1% la probabilité de développer une pathologie cardiaque. Autrement dit, plus la consommation augmente, plus le danger s’intensifie, de façon cumulative et mesurable.
Reprendre le contrôle
Les données indiquent en outre que les populations afro-américaines présentent un sur-risque presque doublé. Soit +6,1% par portion journalière supplémentaire, contre +3,2% pour les autres groupes ethniques.
Selon le Dr Amier Haidar, cardiologue à l’UTHealth Houston et principal auteur de l’étude, cité par le WSJ, cette vulnérabilité découlerait notamment du stress chronique — facteur aggravant bien documenté des maladies cardiovasculaires — et des inégalités d’accès à une alimentation saine.
Les effets des AUT sur le corps s’installent lentement, de manière sournoise, difficile à relier à une cause unique tant que les dommages ne sont pas visibles. C’est précisément ce qui en fait une menace à la fois silencieuse et redoutable. Face à ce constat, les spécialistes recommandent quelques gestes simples pour limiter les risques.
Le premier réflexe consiste à lire attentivement les étiquettes. Si la liste des ingrédients ressemble à une formule chimique ou contient des noms incompréhensibles, c’est un signe de prudence. Deuxième principe, tout aussi essentiel : privilégier les aliments qui ressemblent encore à ce qu’ils étaient avant d’être récoltés ou transformés.
