Nutri-Score obligatoire en France : c’est reparti pour un tour

Une pétition populaire relance le débat sur la nécessité d’obliger les industriels à afficher ce code de couleurs et de lettres sur tous les aliments vendus sur le territoire français.

Faut-il généraliser le Nutri-Score en France ? C’est ce que pensent à ce jour plus de 100 000 signataires d’une pétition disponible sur le site internet de l’Assemblée nationale.

Lancé le 20 novembre 2025 par des chercheurs et des acteurs de la santé publique, notamment Serge Hercberg, l’un des créateurs de ce dispositif de marquage de la qualité nutritionnelle des produits alimentaires, le texte défend une mesure de responsabilité.

Car seules 1 500 marques — représentant 60% des produits — apposent cette étiquette dans le pays. Elle comporte cinq couleurs associées à des lettres de l’alphabet, de A à E, selon la qualité nutritionnelle de l’aliment concerné.

Un tel niveau d’adoption paraît, selon la pétition, « insuffisant pour garantir une information nutritionnelle transparente, accessible et compréhensible qui soit optimale pour permettre d’orienter les choix des consommateurs ».

Le consensus scientifique ignoré

Cette obligation est d’autant plus cruciale que, d’après Serge Hercberg, cité par Franceinfo, « le fait de manger des aliments mieux classés est associé à un moindre risque d’obésité, de certains cancers, de maladies cardio-vasculaires ».

« Dans un contexte d’augmentation continue du surpoids et de l’obésité au sein de la population — touchant en France un adulte sur deux et près d’un enfant sur cinq — et de l’incidence élevée des maladies chroniques liées à la nutrition (cancers, maladies cardiovasculaires, diabète…) qui ont un coût humain, social et économique considérable, l’État français a le devoir de prendre toutes mesures visant à préserver et promouvoir la santé publique », pointe encore le texte.

À ce jour, l’affichage du Nutri-Score est en effet laissé à la discrétion des industriels, sur fond de guerre d’influence entre partisans et détracteurs de cet instrument pourtant validé par la communauté scientifique.

Ainsi, lorsqu’il a été proposé en France, en 2014, rappelle Hercberg, aucun industriel ne le soutenait. Le nutritionniste et épidémiologiste évoque ensuite une adoption intervenue « après quatre années d’une bataille extrêmement féroce contre les lobbies », au terme de laquelle « seules six entreprises l’ont validé ».

L’Assemblée nationale appelée à agir

Parmi les entreprises réfractaires figurent Ferrero, Lactalis, Coca-Cola, Mars, Mondelez, Kraft ou encore Unilever. « Certaines qui l’avaient finalement adopté (Danone, Bjorg, Cristaline) ont décidé de ne plus l’afficher suite à la mise en place en mars 2025 du nouveau Nutri-Score mis à jour par les scientifiques et plus sévère pour les produits sucrés et les boissons édulcorées », relève la pétition.

« On a pu entendre certains arguments selon lesquels le Nutri-Score pourrait encourager des comportements orthorexiques, c’est-à-dire passer son temps à regarder combien de gras, de sel et de sucre on mange », abonde Olivier Andrault, chargé de mission alimentation et nutrition à l’UFC-Que Choisir, interrogé par BFMTV.

Il regrette les fausses informations brandies par l’industrie agroalimentaire pour rejeter le dispositif. Les auteurs de la pétition espèrent désormais renforcer la mobilisation en visant le seuil des 500 000 signatures, qui déclencherait un débat sur le sujet au sein de l’Hémicycle.

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