Les États-Unis envisagent d’assouplir les règles sur les PFAS

L’Agence américaine de protection de l’environnement souhaite revenir sur les limites fixées sous l’administration Biden concernant la présence de certaines de ces substances, réputées cancérogènes, dans l’eau potable.

Robert F. Kennedy Jr., secrétaire américain à la Santé et aux Services sociaux, et Lee Zeldin, directeur de l’Agence de protection de l’environnement (EPA), ont annoncé conjointement l’abrogation des limites fixées en 2024 par l’administration Biden concernant la présence de substances PFAS dans l’eau potable

Les PFAS — abréviation de « per- and polyfluoroalkyl substances » — désignent une famille d’environ 16 000 composés chimiques synthétiques largement utilisés dans l’industrie, notamment pour la fabrication de revêtements antiadhésifs, d’emballages alimentaires ou d’équipements ignifuges.

Ces substances se distinguent par leur persistance exceptionnelle, tant dans l’environnement que dans l’organisme humain, ce qui leur vaut le surnom de « polluants éternels ». Leur diffusion est telle que des traces ont été détectées dans des organismes animaux en Arctique, pourtant éloigné de toute activité industrielle directe.

Six composés toxiques de PFAS concernés

La décision de l’EPA cible quatre composés, dont le GenX (HFPO-DA), le PFHxS, le PFNA et le PFBS, ainsi que certains mélanges évalués via un indice de danger. Ces normes, instaurées en avril 2024, constituaient les premières limites nationales pour ces contaminants.

Mais selon l’administration Trump, ces mesures auraient été adoptées dans la précipitation, sans respecter pleinement les exigences du Safe Drinking Water Act, la loi fédérale encadrant la qualité de l’eau potable. Cette situation les exposerait, selon elle, à des recours juridiques susceptibles de les invalider.

« Nous allons reprendre ce travail et le faire correctement », a déclaré Lee Zeldin le 18 mai, en précisant que de futures règles pourraient être plus strictes, mais juridiquement mieux fondées.

Parallèlement, l’agence prévoit de maintenir les seuils applicables aux deux PFAS les plus connus — le PFOA et le PFOS — tout en proposant de repousser leur mise en conformité de 2029 à 2031 pour les réseaux d’eau qui en feraient la demande.

Cent millions de personnes potentiellement concernées

Cette décision a suscité de vives réactions en raison des risques sanitaires associés à ces substances, documentés depuis plusieurs années. Cela va des cancers aux malformations congénitales, en passant par l’affaiblissement du système immunitaire, les maladies rénales, les troubles endocriniens ou encore l’hypercholestérolémie.

« S’ils voulaient réellement encadrer ces produits, ils maintiendraient ces normes. Je suis fatiguée de voir des justifications qui permettent à des substances dangereuses de continuer à contaminer notre environnement et à affecter nos enfants », a fustigé Alex Clark, influenceuse et podcasteuse conservatrice spécialisée dans le bien-être, proche du mouvement MAHA (Make America Healthy Again), associé à Robert F. Kennedy Jr., citée par le Washington Post.

Les critiques sont d’autant plus vives que l’administration Biden estimait que ces restrictions permettraient de réduire l’exposition d’environ 100 millions d’Américains aux PFAS. « J’y vois une trahison de la santé publique et de la mission consistant à rendre l’Amérique plus saine », a également réagi David Andrews, directeur scientifique de l’Environmental Working Group (EWG).

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