Vin et santé : fini les illusions

La question divise les amateurs depuis toujours et sème la confusion dans les rayons des cavistes. Entre le vin rouge, supposément paré de vertus pour la santé cardiovasculaire, et le vin blanc, réputé plus léger et rafraîchissant, lequel mérite vraiment sa place dans les verres ?

Longtemps, la couleur du vin a orienté les choix de certains consommateurs. En effet, le rouge est souvent présenté comme légèrement plus favorable à la santé en raison de sa teneur plus importante en polyphénols.

Ces composés naturels, plus abondants dans le vin rouge grâce à la macération des peaux de raisin au cours de la vinification, ont en effet été associés à des effets positifs sur le système cardiovasculaire.

À l’inverse, le vin blanc est fréquemment relégué au second plan dans les discussions sur la santé, car sa production repose sur le pressurage des raisins suivi d’une séparation rapide des peaux avant la fermentation, un procédé qui réduit la quantité de polyphénols extraits.

Reste que selon les experts, ces substances ne sont en réalité présentes qu’en faibles concentrations dans le vin.

Halte au mythe

« Les concentrations sont si modestes qu’il faudrait dépasser une consommation modérée pour espérer tirer un réel bénéfice des polyphénols contenus dans le vin rouge », explique Eric Rimm, professeur d’épidémiologie et de nutrition à la Harvard T.H. Chan School of Public Health, qui a étudié les effets de l’alcool sur la santé, cité par le Washington Post.

Le chercheur recommande plutôt des aliments comme les myrtilles, le chocolat noir ou le thé vert, capables d’apporter les mêmes antioxydants en quantités bien plus importantes, sans les dangers liés à l’alcool.

Le quotidien américain, s’appuyant sur les études scientifiques les plus récentes, rappelle d’ailleurs que, quelle que soit sa couleur, le vin ne rend pas en meilleure santé qu’une abstinence complète.

George Koob, directeur de l’Institut national américain sur l’abus d’alcool, résume la situation sans détour dans les colonnes du Post : il n’existe aucun bénéfice sanitaire spécifique au vin rouge par rapport au blanc ou à toute autre boisson alcoolisée, et aucun avantage physique directement imputable à l’alcool.

Boire en limitant les dégâts

L’alcool est d’autant plus dangereux que même la zone grise des « deux verres par jour pour les hommes, un pour les femmes » apparaît désormais bien moins rassurante. D’après le Washington Post, les études montrent aujourd’hui qu’une consommation modérée augmente le risque de certains cancers (sein, côlon, œsophage), de modifications cérébrales et de démence, mais aussi de problèmes cardiaques et de troubles du sommeil.

Ainsi, si l’on s’en tient à l’état des connaissances, la seule attitude vraiment « protectrice » reste de ne pas boire du tout pour des raisons de santé. Pour ceux qui choisissent malgré tout d’en consommer, quelques réflexes mis en avant par le Post permettent de réduire une partie des risques immédiats, sans effacer les conséquences à long terme.

D’abord, mangez avant de boire, car  les aliments riches en protéines, graisses et glucides ralentissent l’absorption de l’alcool dans le sang. Ensuite, mieux vaut respecter les repères usuels : un verre correspond à 15 cl de vin à 12%, 35 cl de bière à 5% ou 4 cl de spiritueux.

Enfin, il faudrait limiter la consommation à maximum 2 verres par jour pour les hommes et 1 pour les femmes, en espaçant sur la semaine plutôt que de tout concentrer le week-end par exemple. Gardez à l’esprit que les femmes métabolisent l’alcool plus lentement et sont plus vulnérables à ses effets néfastes.

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