France : kéfir et kombucha, les nouvelles stars du microbiote

Ces boissons fermentées millénaires, riches en probiotiques et plus digeste que le lait classique, séduit de plus en plus de consommateurs en quête d’alternatives nutritionnelles.

« Nous étions deux ; nous sommes vingt-cinq. Et nous prévoyons d’être une cinquantaine d’ici 2030. » Ce témoignage de Marjolaine Nantillet, cofondatrice d’une entreprise de vente de kéfir en Mayenne, rapporté par Les Échos, illustre la frénésie que connaît le secteur des boissons en France ces derniers mois.

Longtemps limité aux magasins bio et à un public d’initiés, ce breuvage fermenté — tout comme le kombucha — originaire du Caucase connaît un regain d’intérêt spectaculaire, au point de reléguer progressivement les jus de fruits traditionnels au second plan, notamment dans les rayons de la grande distribution.

Selon une étude de Nielsen IQ citée par RTL, les ventes de kéfir ont doublé en un an, tandis que celles du kombucha ont été multipliées par cinq. Au total, ces catégories affichent une croissance de 395%, alors que, dans le même temps, les jus de fruits poursuivent leur recul.

Une richesse probiotique remarquable

La fabrication repose sur l’utilisation de grains de kéfir, un levain naturel qui fermente le liquide de base. Ce processus confère à la boisson sa texture spécifique et sa légère effervescence, proche de celle du kombucha.

Sur le marché, deux grandes variantes coexistent : le kéfir de lait, élaboré à partir de lait animal (vache, brebis ou chèvre), à la texture crémeuse située entre le yaourt liquide et le lait ; et le kéfir de fruits, préparé à partir d’une base sucrée et de fruits, sans lactose et donc adapté aux régimes végétaliens.

L’engouement est tel que Squeezie, l’un des influenceurs les plus suivis en France, a lancé sa propre marque de kombucha. Cette dynamique traduit une évolution profonde des habitudes de consommation, où la recherche de bien-être digestif s’associe à l’attrait pour de nouvelles saveurs.

Le principal atout du kéfir réside en effet dans sa richesse en micro-organismes vivants bénéfiques. Là où un yaourt classique contient généralement deux souches de probiotiques, le kéfir en abriterait plus d’une soixantaine, selon les spécialistes.

Un « plaisir non coupable » ?

Cette biodiversité microbienne favorise le rééquilibrage du microbiote intestinal, avec des effets directs sur le confort digestif, dont la réduction des ballonnements, la régulation du transit, l’amélioration de l’assimilation des nutriments.

Au-delà de la digestion, cette concentration en probiotiques participe également au renforcement du système immunitaire. Un microbiote sain constitue en effet une barrière essentielle contre les infections courantes.

Le kéfir contient par ailleurs des vitamines du groupe B, ainsi que du calcium, du phosphore et des protéines en quantités significatives. Autant d’arguments qui en font un « plaisir sans culpabilité », selon une formule désormais largement reprise dans le marketing agroalimentaire.

« Boire un soda, c’est vrai que c’est bon, c’est vrai que c’est plaisant, mais c’est coupable », souligne Olivier Dauvers de RTL.

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