L’Empire du Milieu a exporté 68 gigawatts de produits solaires en mars, soit le double du mois précédent. La conséquence d’une combinaison de facteurs, dont les tensions énergétiques dues principalement à la guerre en Iran.
La Chine s’impose incontestablement comme l’un des moteurs de la transition énergétique mondiale. Ses exportations de produits solaires — panneaux, cellules et wafers — ont atteint en mars, selon le think tank Ember, un niveau record de 68 gigawatts, soit le double du mois précédent.
Ce volume dépasse d’environ 50% le précédent pic enregistré en août 2025. Cela équivaut par ailleurs à l’ensemble de la capacité solaire installée en Espagne, pourtant l’un des pays européens les plus avancés dans ce domaine.
Si l’on élargit le périmètre à l’ensemble des technologies propres, le tableau est encore plus parlant. Les exportations chinoises combinant solaire, batteries et véhicules électriques ont progressé de 70% par rapport à mars de l’année précédente.
Une envolée qui illustre la montée en puissance d’un écosystème industriel chinois désormais présent sur toute la chaîne de valeur, de la production d’électricité à la mobilité.
Les régions en première ligne
Ce bond spectaculaire s’inscrit dans une dynamique de fond alimentée par les incertitudes géopolitiques, la volatilité des prix des énergies fossiles et la prise de conscience accrue de la nécessité de diversifier les sources d’approvisionnement.
D’après Ember, les régions les plus durement touchées par la crise énergétique liée notamment à la guerre en Iran sont aussi celles qui ont le plus fortement augmenté leurs importations de matériel solaire chinois.
Celles à destination de l’Afrique ont augmenté de 176 % par rapport au mois précédent. La manifestation d’une demande en forte accélération dans des pays qui peinent encore à garantir un accès stable à l’électricité pour leurs populations.
Les volumes à destination de l’Afrique ont ainsi grimpé de 176% par rapport au mois précédent, signe d’une demande en nette accélération dans des pays qui peinent encore à garantir un accès fiable à l’électricité.
Des disparités inquiétantes persistantes
La RDC, par exemple, a vu ses achats atteindre 21 370 tonnes pour une valeur de 62,73 millions de dollars, contre seulement 1 352 tonnes un an plus tôt. En Asie, la hausse est tirée par les Philippines, où les importations de produits solaires ont été multipliées par quatre sur un an pour atteindre 109 513 tonnes, soit 228 millions de dollars.
Les spécialistes anticipent un reflux des exportations en avril, en partie lié à des effets de rattrapage et à des changements de politique commerciale. Ils estiment également que la guerre en Iran et la hausse du pétrole devraient continuer de soutenir la demande mondiale de renouvelables en 2026.
Les chiffres publiés par l’Agence internationale de l’énergie (AIE) apportent toutefois un éclairage plus nuancé sur l’état de la transition. L’AIE indique que la croissance annuelle de la demande énergétique mondiale a ralenti à 1,3% en 2025, contre 2% en 2024, sous l’effet conjugué d’un refroidissement de l’économie et d’une adoption plus rapide de technologies plus sobres.
Côté émissions, l’augmentation des rejets de CO₂ liés à l’énergie a été contenue, autour de 0,4% à l’échelle mondiale.
